Humeur de quarts, par Jean-Michel
cap au 78° Nord

direction le Svalbard


Samedi 18 juin 2016
Départ Roissy - escale à Oslo, arrivée Tromsoe 18h35.
Nuages bas, pluie .Retrouvailles avec Hervé et Mimi, et leurs deux équipiers, l’un breton, l’autre pilote de planeur et ingénieur informaticien (dans le désordre). Dîner de cabillauds péchés la veille.

Dimanche 19 juin 2016
Sondât closet - pas de petite ou moyenne surface; ravitaillement impossible, sauf un « dépanneur » Rencontre sur le ponton avec quelques voileux en attente et en partance pour le Spitzberg aussi.
Belge, Suisse avec un joli 50 pieds plan Auzepy-Breneur année 70, Polonais et Français avec un figaro Beneteau qui a rappelé Nectar -le symphonie- monté à Bergen 25 ans plus tôt .
Mais surtout visite sur les quais d’un musée polaire à la gloire de ces aventuriers incroyables (mais combien y sont restés) attirés par les îles et confins du Nord, pour la chasse à tout,
prêt à tout pour leur survie dans un environnement largement inhospitalier (litote) ! et les grands explorateurs, à commencer par Nansen et Joansen, l’aventure du « Fram », et bien entendu Roald AMUNDSEN,
le vainqueur du Pôle Sud (cf. ci-après), mais également du Pôle Nord en dirigeable ! Et premier vainqueur du passage du Nord Ouest !...

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Ravitaillement fioul et re-cabillaud ; dernier dîner à bord pour Mimi, Bernard et Philippe qui nous quittent aux aurores le lendemain.

Lundi 20 juin 2016
Ravitaillement eau - Visite chez l’armurier pour tenter de trouver une carabine, obligatoire pour pouvoir débarquer sur le Svalbard à cause de la présence de l’ursus maritimus, nom scientifique de l’ours blanc.
Même en montrant « patte blanche » pas de distribution d’armes à feu à Tromsoe ; cette possibilité est limitée à Longyearbyen ; nous verrons sur place.Toujours la pluie.
Séance de sécurité individuelle avec les harnais et réglage des sous-cutales, et à l’extérieur avec la bouée silzic, les bouées gonflables avec lumière auto et phoscar.
Rappel de la Procédure MOB (Man Over board) Déjeuner rapide - salade au cabillaud, et c’est le départ, enfin ! On piaffe ! toujours sous encore un peu de pluie
les nuages sont bas, les montagnes qui entourent la baie de Tromsoe marron foncé, avec encore quelques belles tâches de neige, fraîche il n’y a pas si longtemps.
Montée vers le Nord des Lofoten, avec les Alpes de Lyngen à l’est, et nous prenons le large sous le vent de l’île Nordfugoya, grand-voile haute et génois.
A 22h dans une pénible pénombre grise, nous sommes encore à 257 miles de la pointe de Stappen de l’Ile aux Ours.Le vent est faible pour le départ, 8 à 10 noeuds, mais les nuages s’élevant et le ciel semblant vouloir se dégager par l’Est,
nous  attendons patiemment. De fait, le vent monte progressivement, 16 nds, 18 nds, puis 22 au quart de 02h.

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Mardi 21 juin 2016
22 nds de Nord-Est. Bon plein. Quelques tours à l’enrouleur du génois pour éviter de gîter inutilement tout en maintenant la vitesse ; entre temps le ciel s’est dégagé et nous naviguons enfin avec le soleil, plein pot,
au Nord qui nous éclaire franchement et qui étincelle tout. Les pétrels fulmars sont là et nous entourent en virevoltant au ras des vagues en nous regardant de leur œil noir (on en voit qu’un !).Les goélands et les mouettes tridactyles sont présents aussi.
Et le soleil de minuit, ça attire forcément les touristes. Trois bateaux de touristes, cathédrales de 10 étages et plus, blanches à souhait, éclatantes dans le soleil, sont là, venant vraisemblablement du Cap-Nord, voire de Tromsoe aussi, la capitale du Nord Arctique.
Il doit y avoir du monde éveillé sur les ponts pour admirer ces lueurs incroyables d’aurores qui n’en sont pas car il n’y a pas eu de crépuscule.Encore 207 miles pour atteindre la pointe sud de Bjornoya - l’Ile aux Ours.

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La mer a une odeur fraîche de ce mélange d’algues, de plancton, de sel, d'iode et d’humidité poisseuse qui dégage néanmoins les narines. Il fait beau, c’est beau, indicible, rien à discuter.10h du matin, retour de quart ;
159 miles à peine. Ils ont bien travaillé pendant que nous réussissions (Jérôme et moi à tour de quart) à dormir un peu pendant la première partie de la nuit un peu agitée dans la cabine avant  ;
toujours du soleil, quelques nuages, des strato-cumulus ; la mer est d’un bleu profond à peine gris sombre ; quelques bateaux de pêche aperçus sur l’écran d’AIS, lieu de rencontre sans visuel destiné à éviter la mauvaise rencontre.
Des cargos aussi passant au large du Cap Nord dans un rail approprié pour le commerce vers le début de la route du Nord-Est en direction de Mourmansk. Les pétrels sont toujours là, beaux oiseaux du large qui viennent nous encourager.
Le vent est toujours Est, qui nous permet de tenir notre moyenne à plus de 6,5 kns. Le bateau est bien calé sur son bouchain et passe dans la houle, imperturbable aux clapots, vagues et moutons...(lesquels sont absents de ces côtes ? y a rien à brouter) !
14h ! reprise des quarts après un déjeuner simple, mais sain, avec juste un petit verre de blanc terminé par une pomme et un café nespresso (on fait toujours une pause à midi dans le rythme des quarts pour pouvoir nous retrouver tous
et décaler les horaires pour n’avoir jamais les mêmes).Le soleil est toujours présent et le peu de chaleur qu’il dégage suffit à faire un peu d’évaporation et créer quelques nuages, 
ces strato-cumulus blanchâtres qui nous donnent une petite accélération de vent et celui-ci monte jusqu’à 23/25 nds. Nous avons pris deux tours de « rouleau » - comme disaient les anciens qui roulaient alors que l’on prend des ris maintenant;
ou on enroule 2 tours supplémentaires dans le génois. Le bateau file ses 7nds,3 ou 7nds,4, bien appuyé sur son bouchain. Le pétrel toujours autour de nous dans un ballet incessant à frôler le bord.
Hormis l’homme de quart, dans une nuit qui n’en sera pas une, chacun goûte son sommeil dans les seuls bruits de l’eau de mer s’écartant le long de la coque pour nous laisser passer.
22h. Fin du 1er quart de nuit, de nuit si l’on peut dire! , car l’on se croirait à juste avant l’ouverture du Pub avant le plein horaire!.Le vent est toujours constant, la vitesse est soutenue, montant jusqu’à 7/4 voire 7/8 kns.
Nous attendons  même un léger renforcement du vent avec bascule au Nord-Est, ce qui nous a fait monter au vent pour l’anticiper plutôt que de nous retrouver au prés, allure que le bateau n’affectionne pas.
Le bateau abat ses miles régulièrement sans que nous ayons vraiment à nous en occuper ; on prend la barre rien que pour le plaisir, mais le pilote barre mieux que nous, sans fatigue et sans distraction ! 
Le ciel s’est couvert en fin d’après-midi et les stratocumulus sont devenus plus compactes. J’espère que nous pourrons revoir le soleil de 10h à 2h du matin avant qu’il ne reprenne son envol.
Déjà à l’horizon vers le Nord, les premières lueurs apparaissent dans les nuages, c’est bon signe, au moins pour l’instant. Deux échos en vue sur l’écran AIS, à plus de 10 miles ,
vraisemblablement deux chalutiers qui tournent sur des bancs à 250 m pour le cabillaud, encore.

Mercredi 22 juin -
4h du matinLever dans un ciel gris, lueur du soleil sous les nuages, vers le Nord encore ! Le vent, après avoir finalement baissé, ce qui a amené Jérôme lors du quart précédent à renvoyer le génois en totalité, est maintenant revenu à un niveau très agréable.
La mer n’est plus formée comme elle l’était hier, le bateau tient bien ses 7 nds ; les pétrels nous accompagnent inlassablement et nous frôlent à la delphiniere, pour saluer leur congénère bleu et blanc sur l’étrave et lire son anagramme...
Reste 52 miles pour l’Ile aux Ours.
Nous sommes par 73°46’ Nord et 21° 24 Est. Ils ont bien travaillé pendant leurs heures de quart tandis que le sommeil réparateur bien mérité vous laisse en totale confiance entre leurs mains, dans l’inconscience du repos.
On cherche à voir l’Ile tant attendue, dont les récits anciens ont dit qu’on pouvait l’apercevoir déjà à près de 70 miles nautiques. Sous les nuages, quelques dents blanches nous font penser à des sommets enneigés.
Mais les dents changent d’aspect ; l’illusion d’optique sous forme de nuages. Bref, ce n’est pas encore elle. Nous naviguons maintenant avec un vent de Nord-Est, mais ayant largement anticipé cette bascule du vent,
nous sommes toujours sous la même amure et avec un réglage de voile au petit largue qui  fait avancer le bateau à bonne  vitesse. 52 miles cela peut faire une petite dizaine d’heures et peut-être moins..
après déjeuner (brunch ?) au mouillage ?Température de l’eau 6,5° Température de l’air 5,4°Ce n’est pas une raison pour tomber à l’eau !
A l’intérieur, il fait plutôt frais, un peu au-dessus de 10° avec un peu de condensation malgré les hublots double vitrage ,avec la vie du bord.

Mercredi 22 juin,
11h du matin. Le vent a tourné, comme l’avait prévu la météo et est passé franchement au nord-est. Malheureusement, il en profite pour mollir plus que annoncé. Le moteur est mis en marche mais nous gardons les voiles en appui agréable.
Les nuages se sont écartés pour laisser passer le soleil qui nous réchauffe timidement. Nous avons maintenant un peu de chauffage à bord (avec le moteur) cela changera des 10°  que nous avons atteint cette nuit à l’intérieur ,
et surtout ça séche les chaussettes et le reste! Nous mettons le cap délibérément vers Bornoya en espérant un court mouillage réparateur de 6 à 7 heures (Sorhamna), le temps d’attendre que le vent finisse de tourner par le nord avant de donner à l’ouest.
Temps de détente après le café, lecture.16h00

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Le vent est complètement tombé. On a finalement renoncé au mouillage, n'ayant rien trouvé de seyant à notre oiseau du Nord (et du sud aussi!) (Sorhamna étant déjà pris par le bateau de secours tous temps - 80 m !-) et avons repris le cap en direction du Spitzberg.
La mer est d'ancre et n'est qu'un miroir sombre ; les pétrels fendent quasiment les flots, même calmes ; le ciel est fortement nuageux, un peu blafard, avec quelques dents blanches sur l’horizon ;

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on croit à la présence d’iceberg le long de l’Ile aux Ours sur la plage mais il s'agit des restes de grosses congères, malgré la présence proche de l’eau de mer;  celle-ci seulement à 4°, pour une température extérieure de 6°
.Moteur = chauffage à bord et eau chaude... Ça aide à supporter le bruit au demeurant bien contenu.Cap donc sur le Sud du Spitzberg, lequel est maintenant à 130 miles. Cap au 341.L’Ile aux Ours est déjà à 60 Mn derrière notre sillage.
Devant, à 80 miles, se trouve maintenant le Sorkapp.Le vent se réveille enfin de l’ouest, commence à monter assez agréablement jusqu'à 14 noeuds, et le moteur arrêté.
L'arrêt du moteur provoque toujours une petite effervescence..., outre le réglage des voiles ; Pilote réglé en mode vent apparent à 80°, installation hydrogénérateur, mise en place de la dérive de stabilité sous le vent. Il fait toujours bien clair.
Le soleil est encore fort malgré les nuages roses et orangés qu'il transperce.

Jeudi 23 Juin
1h du matin, toujours en plein jour. Le soleil est d’environ à 15 ou 20° au-dessus de l’horizon, il ne descendra pas plus et nous éclaire plein pot. On a l’impression au travers lui de regarder de l’autre côté de la terre et peut-être au-dessus du Détroit de Béring,en Alaska.
En plus, on a aussi l’impression que la terre est plate et qu’il n’y a même plus déjà rotondité sous ces latitudes; moment extrême.
Quart du matin, 6h ... Un peu dur. L’équipier descendant vient te réveiller. Le vent a bien adonné cette nuit ; ai dormi en haut à la contre gite dans la toile antiroulis dans la cabine avant tressautante vague sur vague... un peu dur...
Mais fô pas venir quand on sait que la voile est le moyen de se déplacer le plus lent le plus cher et le plus inconfortable ! Par contre, le bateau a bien avancé, 30 Mn du Spitzberg que l’on aperçoit à 1 heure,
avec ses pics blancs de neige, la mer est grise, un peu agitée, avec houle, moutons et crêtes, le ciel est gris également. Sur le Spitzberg, ciel partagé avec gros cumulus bouchant la vue sur les sommets malgré quelques rayons de soleil épars !
tout est enneigé, jusqu'à la côte. Les glaciers affleurent de l'eau de mer. Les dauphins sont passés ce matin.Vent instable direction ouest-sud-ouest à sud-ouest.
Grand-voile haute, fringante de se trouver en cette latitude d'explorateurs. Génois à un tour. 17h
Entrons dans le Hornsound au milieu de montagnes couvertes d’un  enneigement récent, dominé par monolithe façon "Cervin" de 478m de haut. C'est la récompense !

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Nous passons devant la station polaire polonaise basée dans une baie appelée  "port de l'ours polaire" et devant notre premier glacier de près , le Burgerbukta dont des paquets de glace qui "vêle" se transforment en growler
et sont les premiers à gratter la belle coque alu de notre oiseau du large du Nord au sud. On y apprend alors que les suffixes bukta ou breen désignent les baies et les glaciers et hamna les havres de débarque.
19h30  Mouillage à l'intérieur du cirque glaciaire, à gauche en entrant après les restes de la moraine qui barre en partie le passage.
Personne en vue : pas d’ours, pas d’animaux à terre, la terre est d’ailleurs essentiellement  de graviers marrons et plus ou moins boueux.Mise en marche du poêle, toilette, apéritif, 450 miles parcourus depuis Tromsoe.... Et champagne !

Vendredi 24 juin
Lever 8h30, bien au chaud.
24° dans le dog house, mais encore de l’eau qui perle à certains endroits et qui n’a pas eu le temps de sécher, mais globalement la situation est très confortable sans condensation !
Après le petit déjeuner, petites réparations de la grand-voile, un chariot "antal" de la grand-voile ,dont l’écrou s'est dégagé et tombé , doit être remplacé. Nous en profitons pour vérifier tous les chariots de ralingue et lubrifier l’ensemble au Teflon.
Démarrage du moteur OK malgré sa récalcitrance hier, due vraisemblablement à l'humidité   et au  froid sur la bougie du préchauffage. Et tournée de glaciers ! Grand soleil et ciel bleu-azur. Nous sommes toujours entourés de hautes montagnes et de glaciers.
Nous nous dirigeons vers le Storbreen. Nous arrêtons devant le front de glace ; nous n'aurions pu rêver mieux ni plus beau. Les appareils numériques mitraillent... numériquement s'entend!
Nous naviguons au milieu des premiers growlers.
Instant magique.
Température de l’eau 2,6°
Température de l’air 2,5°
Sans le vent... et il y en a un peu ! Mais comment ne pas endurer ce plaisir extrême.
Puis nous dirigeons vers le Samarinbreen qui nous attire à n'en plus finir.
Grand beau de surcroît !
On est à 2500 m en haute montagne en pleine mer !
16h00
Trois béluga aperçus devant à la sortie du sound.
D'autres grands glaciers tombant directement vers le large sur des fronts de plus d'un km!
Montons vers le Bellsound où nous arriverons en début de nuit suivant l’expression des terrestres normaux, c’est-à-dire vers 22h, plein jour bien entendu.Mouillons dans la branche SE à "fleur de Lyshamna"...
Ancienne station baleinière où la vie n'a dû être rose pour personne !Samedi 25 JuinAu mouillage dans le Bellsound à fleur de Lyshmanna
Terre déserte, pas d'autre bateau, local ou pas,  pas une trace de vie actuelle; restes d'une cabane de trappeur ou de baleiniers, trois canots retournés sur la grève, gris d'avoir été abandonné depuis si longtemps.
Ciel encore gris, gros nuages encore accrochés au sommet des pics enneigés qui nous entourent.
On comprend que la nature est trop forte et ici l’humain ne fait que s’accrocher et survivre.Quelques anciennes barques baleinières abandonnées dont l’activité s’est  éteinte comme une bougie sans graisse de phoques..., de l’autre côté une cabane où l’on pouvait se réchauffer,
délaissée sauf anecdotiquement depuis qu’elle n’est plus utilisée qu'à' la chasse : L’homme a vécu un instant d’éternité à cet endroit puis l’a laissé retourner dans sa solitude. Ce n’est rien d’autre qu’une autre page tout aussi anonyme que les précédentes,
malgré les souffrances .
Partout on voit la trace des anciens glaciers qui ont déjà fondu, pas seulement depuis une vingtaine d’années, mais bien plus avant déjà, même si le mouvement, incontestablement, s’est accéléré. Peut-être nos enfants viendront-ils y passer des week-ends façon vacances cocotier !Les Eiders et les pingouins de Torda, autres guillemots de brunnick, et le phoque qui nous a visité, ne sont pas encore de cet avis, tant mieux.
Les oies non plus.11h30 Appareillage de Lyshamna.

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Aperçu Belugas (3 ?) venant souffler en surface.
Contournement de l’île de Aksel qui en barre quasiment l'entrée de la branche Nord, le fjord Van Mijen, sortie du Bellsound, remontée vers le Nord et entrée dans l'Isfjorden, troisième fjord en partant du sud, le fjord abritant au sud le havre de Longyearbyen,
dont le nom nous a fait autant rêvé... pensant qu'il avait un rapport avec une longue année du fait de la longue nuit ou à l'inverse du soleil de minuit alors qu'il s'agit du nom de son fondateur John Longyear !
21h, mouillage au pied d'un des glaciers Nord, le Borebukta.
Mouillage improbable, non cartographié, merveilleux, par 10 m de fond devant une grève brun foncé nommée Tundraodden , issue des moraines apparues à la fonte du glacier ; RAS...Indicible, soleil à peine voilé par des petits stratus légèrement bourgeonnant.
26 juin, appareillage 8h40
Moteur,
Traversée Nord-sud de l' Isfjorden.
Pavillon du CVBP hissé- merci de votre soutien à ce projet qui se poursuit et bon vent à chacun chacune.
11h40 entrée à Longyearbyen.

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Terminé.That’s all fun to complète