La ville doit son nom à la montagne en forme de pyramide qui la surplombe,  Le glacier Nordenskiod est tout prêt et contraste avec l'impression de désolation ressentie lors de la visite de cette ancienne cité minière russe. Elle fut tout d'abord suédoise jusqu'en 1910 , et a été rachetée par les russes en 1926 puis par le trust Articcugol en 1931. Bien que le charbon fut d'excellente qualité, la rentabilité de la mine était faible, la cause en était les difficultés d'extraction.La ville fut abandonnée en 1998, il a fallu plusieurs mois aux habitants pour définitivement partir et rendre cette cité fantôme.

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Tout au long de sa visite, Pyramiden suscite d'étranges sentiments paradoxaux. S'y cotoyent les vestiges pollués de l'extraction du charbon au côté de bâtiments reflétant un monde  "hors du temps". Bâtie pour être une vitrine idéaliste de l'union Soviétique,  la ville était organisée pour vivre en autarcie. Des cargos avaient acheminé d'importantes quantités de terre pour y implanter un parc paysager, le sol étant trop pauvre pour que de la végétation y pousse. Des serres produisaient des légumes et fruits, on y trouvait même une ferme avec vaches et poulets.

La statue de Lénine trônait au bout d'une allée imposante, veillant sur une population se considérant comme privilégiée.

Au maximum de son exploitation, plus de 1200 habitants y vivaient, Ils disposaient d'équipements culturels et sportifs importants. On se retrouvait au théatre, à la bibliothèque, au cinéma. La piscine très moderne pour l'époque, comportait plusieurs bassins. Le piano bar était fameux et la quantité de vodka semblait inépuisable.
  Le charbon extrait de la mine était acheminé vers Mourmansk. Son exploitation ne fut jamais rentable. Lors de la chute de l'union soviétique, faute des généreuses subventions précédemment allouées , les salaires baissèrent jusqu'à ne plus être versés .En 1997, l'évidence s'imposa, Une des deux exploitations, Barentsburg ou Pyramiden, devait fermer. Le choix se porta sur Pyramiden, les raisons sont obscures, moindre influence politique, positionnement stratégique ?

Aujourd'hui, l'hôtel a été rénové et 8 personnes accueillent les touristes de mars à octobre. L'hiver, seuls 4 résidents entretiennent les installations.

Pour en savoir plus, lire cet ouvrage de Kjartan FLOGSTAD:  PYRAMIDEN, portrait d'une utopie abandonnée aux éditions Actes Sud

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