PREMIERS FRISSONS

Et voilà que subitement, et enfin, le timing du mois de juillet va s’agiter…

Le 3, il sort du chantier, aluminium étincelant, « la Sterne bleue », à poste.

Le 4, il touche enfin l’eau et est maté derechef.
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Le 7, Hervé arrive , dans son break Toyot, après deux jours de route. Il prend possession et il passe sa première nuit à bord.

Le 8 au matin Jean-Michel arrive en même temps que les voiles ; le gréement est coiffé et la polarisation d’un grain nous donne la première photo officielle.

Georges arrive ensuite et s’enchaînent trois jours de besogneux pour classer, gérer et installer les trois palettes de matériel.

Le 11 juillet, Fred arrive avec la première partie de la famille HOCQUARD et c’est un premier week-end de fête qui se met en place, ponctué le 13 juillet par l’arrivée de tous les petits-enfants, les « Castins » et « Guildoceens »,sont là également ; le Père Jérôme Rousse Lacordaire, aumônier du Barreau de Paris, est venu bénir le bateau et l’équipage…
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Hervé est bouche-bée, les enfants sont comme dans un tourbillon, rentrent par les capots, appuient sur tous les boutons, ressortent par les écoutilles…

Puis arrive Jean-Louis, et l’équipage se trouve au complet pour les premiers essais au moteur sur la rivière, avec Fred comme témoin d’extérieur le long du Jaudy pour les premières photos en « 47 pieds sur l’eau ».
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Le 17 juillet c’est enfin le départ.

Première sortie de la rivière accompagnée par le dauphin de service, le premier pour l’étrave et le premier bord de spi.

Première refusante, le vent monte progressivement au Nord Est et nous voilà pour une première nuit en mer par 30 nœuds de vent.

Mer hachée, le vent n’aime pas être à contre-courant et provoque des petites vagues courtes mais déjà puissantes ; le bateau passe merveilleusement, avec des pointes à 8 et 9 et 10 nœuds enregistrées au speedo.

Premier incident aussi puisqu’au petit jour nous découvrons que l’antenne AIS a pris 45° d’un coup…

Arrêt à Newlyn pour une réparation de fortune, sans jeu de mot, puis retour en mer.

Mais après Land’s End le vent nous lâche définitivement et pour quelques jours.

La mer d’Irlande est remontée tambour battant au moteur, mais même à vitesse de rodage, nous sommes toujours au-dessus de six nœuds.

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Nous en profitons pour apprendre à vivre à bord et la douche à l’eau chaude sur la jupe arrière est un vrai régal, comme les cuisines de tonton Hervé et de son assistant cameraman.

Première île lointaine, l’Irlande se dévoile à nous un petit matin brumeux et humide, le temps de nous arrêter à Bangor pour un premier ravitaillement de gasoil.

Départ immédiat, sans passer par le pub… nous ne tarderons plus maintenant.

Nous repartons donc Nord – Nord-Ouest, entre le Nord de l’Irlande et la presqu’île de Campbeltown direction Port Ellen, sur Islay.

Notre première vraie escale est un vrai dépaysement, un premier arrêt pour une nuit non loin de l’odeur de la célèbre tourbe, l’or noir écossais.

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Ce sera un défilé le lendemain matin de Laguavullin à Bennahabbein, en direction de Loch Tarbert, sur Jura, première escale d’isolement.

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Le bateau est seul et nous dérangeons un cerf au mouillage… Le bruit de la chaîne, pourtant discrète, ne lui est semble-t-il pas familier…Kayak et annexe, vingt quatre heures d’un premier vrai repos tant espéré à bord.

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Mais cinq emplois du temps, cela ne laisse guère de temps à la flânerie et nous repartons dès le surlendemain pour l’Ouest de l’Irlande.

Le temps n’est toujours pas engageant, vent léger, légèrement brumeux, voire franchement humide, voire l’allure d’un fog londonien très épais… chut, ne pas le dire trop fort, nous sommes dans les eaux de l’Eire…

Escale dans Achill Sound, sous Inishkea, puis à Berry Island, où nous avons eu un accueil digne d’un taxi mauve… quoique la camionnette fut vert pomme ! mais la chauffeuse bien rousse !!
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L’épaisseur de la brume nous a permis de nous familiariser avec nos instruments de navigation. Malgré l’absence de visibilité, tous les écrans étaient « au vert » et nous avons pu passer par des petits chenaux, ou aurions pu mouiller aux Skelligs, où nous avons rencontré quelques locaux, étonnés de voir notre bel oiseau bleu en des lieux qui devaient leur être plus personnels.

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Le vent daigne faire un petit effort après Bantry Bay et nous pouvons hisser le spi à Mizen Head ; nous avalerons la mer d’Irlande en direction des Scillies en quasiment 24 heures, sous pilote, dont nous avons fini par trouver le réglage en mode vent réel… Le vendée-globe à notre portée !

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Arrêt technique (Pub ! – le Turcks’head) sur Saint-Agnès, puis premier retour sur Tréguier.

Le vent nous gâte, 25, 28, 30 nœuds, au portant, grand largue; génois à 3/4 tours et un ris, puis spi au matin.

Là encore, tout juste 24 heures pour cette transversale et nous rentrerons dans le jaudry dans la matinée du 29 juillet ; la tête nous tourne…

Nous débriefons le soir devant un plat d’huîtres à la sortie du jaudy, un œil sur le large .

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Le bateau nous impressionne par sa puissance dans le clapot et la mer formée, et sa stabilité, avec une vitesse régulière, et globalement il conserve son erre. Certes, nous n’avons pas fait de « pres », ce sera pour les week-end d’août, mais déjà nous sentons que nous avalerons les miles.

A l’intérieur, hormis le mouvement de la mer, tout est à sa place, et hormis les couchettes avant difficilement accessibles (prévoir une marche, si, si), il se révèle un bateau à bien vivre au large.

Le comportement marin est sûr ; le travail sur le pont est aisé et, malgré la taille, il est bien dimensionné, simplement nous avons encore beaucoup à apprendre dans le réglage de ses voiles d’avant et dans le réglage de l’électronique : cinq pilotes pour le prix d’un, cela fait beaucoup de choses à absorber.